Demande d'adoption et acte notarié non légalisé dans le pays d'origine

Par un avis rendu le 4 avril 2011, en conformité avec les conclusions de l'avocat général, la Cour de cassation a estimé qu'était sans effet devant les juridictions françaises, un consentement par acte authentique non légalisé, donné à l'étranger par les parents biologiques en vue de l'adoption plénière de leur enfant en France.

Les parents haïtiens d'un jeune garçon né en 2005 ont accepté que leur enfant soit adopté par un couple français. Le 20 janvier 2009, le tribunal civil de Port au Prince a homologué le procès-verbal d'adoption de l'enfant par Madame Y., de nationalité française, et dit qu'il y a lieu à adoption et autorisé l'adjonction du nom de l'adoptant.
Par requête enregistrée le 23 août 2010 au tribunal de grande instance de Lille, Mme Y. a sollicité l'adoption plénière de l'enfant accueilli à son domicile depuis le 1er octobre 2009. A l'appui de sa demande, elle a exposé que l'adoption simple de l'enfant avait été prononcée régulièrement à l'étranger, que les parents biologiques de l'intéressé avaient consenti à son adoption plénière le 10 juillet 2009 devant notaire à Haïti et qu'ils n'avaient pas rétracté leur consentement.
Par avis en date du 3 août 2010, le ministère public s'est opposé à l'adoption projetée au motif que le consentement sous forme notariée des parents biologiques n'était pas légalisé par les autorités haïtiennes.
Saisi de la demande d'adoption, le tribunal de grande instance de Lille a sollicité l'avis de la Cour de cassation sur les effets et la valeur probante devant les juridictions françaises d'un consentement par acte authentique non légalisé, donné à Haïti par les parents biologiques haïtiens en vue de l'adoption plénière de leur enfant en France.

Dans son avis rendu le 4 avril 2011, la Cour de cassation rappelle que "la question n'est pas nouvelle", la Cour ayant déjà statué sur le sujet par deux arrêts datés du 4 juin 2009. Dès lors, elle estime qu'il n'y avait pas lieu à avis.
Toutefois, la Haute juridiction judiciaire rappelle que de manière générale, "la formalité de la légalisation des actes de l'état civil établis par une autorité étrangère et destinés à être produits en France demeure, selon la coutume internationale et sauf convention contraire, obligatoire pour y recevoir effet".
© LegalNews 2012
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